« Je ne suis pas un cliché », exposition des oeuvres de Coco Fronsac

 

 

Le soleil se lève, la penseuse pense, de la série «Chimères et merveilles», Coco Fronsac, 2015. Gouache sur photographies anciennes
Le soleil se lève, la penseuse pense, de la série «Chimères et merveilles», Coco Fronsac, 2015, Gouache sur photos

 

 

L’artiste Coco Fronsac , connue pour son univers onirique et décalé, réinterprète de photographies anciennes, avec peinture et découpage. L’exposition «Je ne suis pas un cliché» réunit des œuvres de différentes séries. Elle est exposée à la Voz’Galerie du 6 octobre 2017 au 6 janvier 2018.

Cette galerie, spécialiste de l’art contemporain, organise des rencontres avec des artistes et fait partie de l’association des Galeries d’art Carré sur Seine. Elle a été créée par Ivane Thieullent en 2011. La volonté d’Ivane est de promouvoir la photographie d’auteurs et de montrer le travail d’artistes émergents.

Coco Fronsac s’inspire des surréalistes et reprend des œuvres connues qu’elle réinterprète. A travers ses créations, elle rend hommage aux plus grands artistes tels qu’André Breton, Yves Tanguy, Giorgio de Chirico

Différentes séries, dont « Chimères et merveilles » où l’artiste a peint des sculptures et des masques ancestraux d’Afrique, d’Océanie, d’Asie, des Amériques sur des photographies anciennes dénichées dans des marchés aux Puces.

Les compositions artistiques ont un côté décalé. On y trouve des animaux, des objets, des plantes tropicales.

« Les dormeurs » est une série poétique, pleine de symboles et de référence, au sens propre comme au sens figuré. « Voyage en Grande Garabagne » est un clin d’oeil à Henri Michaux.

« Jour(s) après jour(s) » est une  série éphémère, le fruit d’un travail passé avec un tapuscrit et la composition d’une œuvre par jour.

Les photographies ont donc une seconde vie, elles deviennent le support d’une œuvre personnelle qui s’appuie sur l’identité, les convenances, la société. Ainsi les personnages sont parfois dans des postures solennelles, stéréotypés, prise à l’occasion d’un mariage, d’une naissance. L’artiste transforme cet évènement ancien et lui donne un aspect drôle et différent.

 

Les séries photographiques sont depuis exposées dans différentes galeries en France et à l’étranger. De nombreuses publications photographiques dont « Jour après jour », « La belle et les Bêtes », « Chimères et merveilles », « Une image dans une image ».

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L’Odalisque, de la série “Chimères et merveilles”, Coco Fronsac, 2015

 

 

Interview de Coco Fronsac

 -SM :Comment avez-vous commencé votre travail artistique ?

CF : Elevée dans une famille d’artiste, créer était pour moi une évidence : mes grands-parents céramistes, peintres et collectionneurs, mes parents, décorateurs. Nous allions aux Puces, aux ventes publiques, voir des expositions, Ce sont eux qui m’ont donné le goût, la passion, et la curiosité. Mon passage à l’Ecole Nationale Supérieur des Arts Appliqués et des Métiers d’Arts (ENSAAMA) a été aussi déterminant dans ma carrière artistique. J’ai commencé par m’intéresser à la lithographie, où j’ai été dessinatrice pendant plus de dix ans, à l’imprimerie, tout en créant  mes propres œuvres.

 

-SM : Quel est le processus de création ? L’objet ancien a-t-il toujours été pour vous une source d’inspiration ?

CF : Collectionneuse, entre autre de photographies, j’ai eu l’idée d’utiliser celle-ci comme support. Je crée à partir de l’image. « L’histoire visuelle » des personnages et l’émotion de la photo me guident et m’inspirent. Je poursuis donc leur histoire ou, la réinvente à partir des données existantes. Je travaille sur une base de photos anonymes : cartes de visites 1900, photos de famille, Polaroïds, couleur et noir et blanc, de toute époque, puis je les peins, brode ou découpe. La ligne conductrice de mon œuvre est basée sur la mémoire présente, passée, las apparitions et disparitions. Le principe est de construire ou reconstruire le passé. Je cherche à donner un autre sens à la photographie. Passionnée par les masques qu’ils viennent d’Afrique, d’Océanie, d’Alaska… et la représentation de ceux-ci, j’ai crée il y quelques années, une série « Chimères et merveilles » Série où les masques, objets, plantes, animaux…se mixent à la photographie, pour donner un côté surréaliste, comme dans un cadavre exquis. Un côté merveilleux, le Merveilleux si cher à André Breton… J’ai d’ailleurs réalisé, pour ma dernière exposition à la galerie Vallois, une nouvelle série, dans le prolongement de « Chimères et merveilles », en utilisant les masques Gélèdé de KIfouli Dossou, artiste Béninois, et les objets de la collection du Petit Musée de la Récade au Bénin.

-SM : Un travail qui s’apparente au courant surréaliste, on dit de vous « la petite fille des surréalistes et des avant-gardes », qu’en pensez-vous ?

 

CF : En effet, je suis influencée par les DADA, le Surréalisme, Les Arts Sacrés, les Arts primitifs, le Merveilleux, comme dirait André Breton (1896-1966). Ce sont mes sources d’inspiration. Hannah Höch (1889-1978), grande photo collagiste, des poètes artistes comme Henri Michaux (1899-1984), Isidore Lucien Ducasse, dit Comte de Lautréamont (1846-1870), Max Ernst (1881-1976), le rêve et l’ écriture automatique , les cadavres exquis, Louise Bourgeois (1911-2010), Georges Hugnet (1906-1974) , Man Ray (1880-1976), Marcel Broodthaers (1924-1976) sont des artistes que j’admire et qui m’inspirent. Ma technique est particulière. A la manière de ce courant artistique, je pratique le collage, la juxtaposition, j’utilise la peinture, le lavis en couleur et en noir et blanc, des monochromes bleus, le dessin en noir et blanc, la transparence. Toutes les œuvres sont différentes. Je me renouvèle sans cesse et j’essaye d’autres techniques. J’utilise des photographies anonymes, originales ce qui rend mon travail singulier. Toutes les œuvres sont uniques, de part leur support, et leur processus de création…Aucune manipulation numérique… La série « Chimères et merveilles » est un condensé de tout ce que j’aime : l’époque, fin du 19éme, les cabinets de curiosité, et leurs trois règnes : animal, végétal, minéral, l’ethnographie, la magie; un univers onirique et drolatique.

 

 

-SM :La négation du titre de la série résonne comme un slogan « Je ne suis pas un cliché », comme quelque chose que vous défendez, est-ce pour vous un réel message que vous avez envie de mettre en avant dans cet univers artistique onirique voire burlesque ?

 

CF : Les titres sont très importants dans mon travail artistique. Les images et les mots sont indissociables pour moi. Ils se complètent, même si l’image ne paraît pas correspondre au texte (ou titre), et inversement. Un mot donne autant à réfléchir qu’une image, les deux ensemble nous permettent de créer une histoire, la nôtre, ou celle des autres. « Je ne suis pas un cliché » est un jeu d’esprit. Un mot d’esprit, où l’humour se mêle à la réflexion… La photo en est pourtant un, mais pas un cliché comme les autres, un cliché qui nous parle, qui raconte et éveille notre imaginaire. Un instant arrêté, figé dans le temps. Un moment qui ne se reproduira jamais. J’invente, je crée, dessine, peins, écris et essaye de donner du Merveilleux pour prolonger ces instants, et ça « ce n’est pas un cliché » ! Dans un cliché, il y le négatif et le positif, le mien est toujours positif !!!

 

«Je ne suis pas un cliché»,

Exposition des œuvres de Coco Fronsac

 

A la Voz’Galerie

41 rue de l’Est, 92100 Boulogne-Billancourt

Du 6 octobre au janvier 2017

Vernissage le jeudi 5 octobre 2017 à 19h30

http://www.cocofronsac.com

www.vozgalerie.com

Accueil de groupe sur Rdv

La Voz’Galerie est membre de l’association Carré sur Seine.

 

Visites commentées, les samedis 14 octobre, 18 novembre et 9 décembre 2017.

Conférence jeudi 19 octobre 2017 à 19h , Valentine Plisnier et Bruno Bonnabry-Duval tiendront une conférence sur «Le Primitivisme dans la photographie».

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« L’Europe autrement », exposition photographique à l’atelier néerlandais

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Les photographies d’Henri Cartier-Bresson, Nico Bick et Otto Snoek sont réunies pour cette exposition sur l’Europe, à l’atelier néerlandais, à Paris du 21 septembre au 17 décembre  2017.

Chacun des photographes, à travers leurs clichés, témoigne d’un fait. Il s’agit de trois approches photographiques : le reportage humaniste avec « Les Européens » d’Henri Cartier-Bresson, la description typologique pour Nico Bick avec la série  « Parlements de l’Union européenne », et les observations ou témoignages d’Otto Snoek avec « Nation ».

Henri Cartier Bresson, photographe, photojournaliste et dessinateur français, est le cofondateur de la célèbre agence photographique Magnum photo. Son travail porte sur le reportage de rue, la représentation des aspects pittoresques ou signifiants de la vie quotidienne.

Ainsi, la série exposée s’intitule  « Les Européens », réunie dans un ouvrage paru en 1955. Photographe français humaniste, il rend fidèlement compte des ancrages géographiques et historiques de ceux qu’il photographie et du contexte. Il s’agit de l’Europe de l’après-guerre, de la construction de l’avenir.

La photographie est ici témoin d’un siècle, d’un moment historique. Nico Bick s’intéresse aux Parlements de l’Union européenne. Les points de vue  sont différents à chaque fois.

Les photographes néerlandais, Nico Bick et Otto Snoek exposent pour la première fois en France. Ils ont tous deux leur spécificité. Le premier s’attache à photographier les salles des parlements de l’Union européenne. Le second prend le risque de se mêler aux foules de rassemblements nationalistes. Il  devient témoin d’un instant historique.

L’ambassade des Pays-Bas et le Nederlands Fotomuseum ont collaboré pour la mise en place de cette exposition. Frits Gierstberg, commissaire du musée, a choisi les œuvres rassemblées pour cet évènement.

 

 

 

« L’Europe autrement », exposition photographique

Atelier Néerlandais

121 rue de Lille

75007 Paris

Vernissage le 20 septembre 2017, à partir de 18h

 

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Fête Nationale du 14 juillet à Paris, Paris France, Otto Snoek

« Leçons de vie, leçons de danse », un livre signé Wayne Byars

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Ce livre, écrit par Wayne Byars, danseur et professeur de danse classique, est un témoignage philosophique sur la technique de la danse classique et envisage la discipline artistique comme un exercice au quotidien, un mode de vie et de pensée.

Au-delà de la danse, Wayne insiste sur la psychologie et le développement personnel. L’esprit et le corps sont liés.

Danseur et professeur, il se forme aux Etats-Unis, à la Butler University de Chicago.

Il donne des cours à Peridance Capezio center  à New York, et au Studio Harmonic à Paris.

Wayne Byars a été nommé, cette année, Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres, une belle récompense qui montre son amour pour la danse, son talent.

Il cite « Il existe des raccourcis vers le bonheur et la danse en est un » Vicki Baum.

La danse devient un moyen de trouver son équilibre et la confiance en soi. Il est question de volonté et de connexion.

 

Interview de Wayne Byars :

-Quelle école classique défendez-vous ?

WB : Aucune, à vrai dire, j’ai commencé la danse classique, le ballet, aux Etats-Unis. J’ai été formé à l’université, à la Butler University de Chicago. Je suivais les cours de cinq professeurs issus du classique, des ballets russes, de Broadway… Chaque professeur disait détenir la vérité.

J’ai fait moi-même une synthèse de cet apprentissage si varié et si riche. Chacune des écoles propose des choses intéressantes.

Ayant reçu beaucoup d’influences, je prends ce qui est utile. Je n’enseigne ni l’école américaine, ni l’école russe mais je puise dans le tout.

Ce livre est le premier que j’écris sur un domaine que je maîtrise. Mon discours est sincère.

-Selon vous, la danse est avant tout un art, mais une discipline avec des codes. Ce livre témoigne-t-il d’une philosophie, une façon au quotidien d’interpréter le mouvement ?

WB : La danse est à la fois une discipline et un art qui nécessite une technique, sinon, il s’agit d’expression corporelle. La technique est un réel outil et permet d’arriver au stade de l’art.

Un bon danseur ne montre pas sa technique. Elle est acquise, assimilée et de ce fait dépassée. Il faut savoir l’utiliser.

Dans le studio de danse, les stimuli sont augmentés, tout est plus fort.

Le livre est un parallèle entre la danse et ce que nous rencontrons dans la vie. La danse est comme une renaissance. Nous avons tous les mêmes problèmes : l’acceptation de son corps, l’audition, l’échec, le vieillissement…

Lorsque j’ai commencé à enseigner, je voyais, dans mes classes, des visages fermés. Les danseurs classiques sont vus ainsi, il se cache derrière un visage dur, éteint, pour se protéger.

Je me suis interrogé : comment puis-je les aider ?

J’ai donc trouvé des solutions, applicables dans la vie de tous les jours. C’est une réflexion de trente ans de danse. Il est difficile de changer, de se corriger, comme dans la vie. Tout tourne autour de nos habitudes.

-Après des années de pratique, comment envisagez-vous la danse classique aujourd’hui ? Où se situe la modernité dans la technique et l’apprentissage ?

WB : Aujourd’hui la danse classique est partout, dans les salles de spectacle, dans des lieux insolites, à la télévision. Elle n’est pas une technique figée dans le temps et absorbe les tendances de chaque génération. A mon époque, ce que l’on appelait moderne paraît dépassé. Cela correspond au contemporain d’aujourd’hui. La modernité réside dans le fait que le classique continu à évoluer. Toutes les techniques sont parallèles. Le fait de le savoir et l’appliquer, fait la différence. Je regarde la personne devant moi comme un individu et non comme un simple corps.

Il faut accepter son corps. Comme aux échecs, il y a énormément de possibilités, il en est de même pour la danse et pour les êtres. Nous avons nos limites, mais nous devenons plus créatifs à la fin.

-La danse est toujours envisagée comme un langage, à quel moment selon vous  fait-on la différence entre un mouvement basique et un mouvement qui respire ? La respiration donne-t-elle la force au mouvement ?

WB : Nous faisons la différence entre un mouvement bien exécuté et un simple mouvement lorsqu’il n’est pas interrompu par l’excès de tension, lorsque l’énergie passe dans toutes les articulations et dépasse le corps physique. En danse classique, on parle d’infini. Les lignes classiques doivent aller à l’infini. La respiration est importante mais ne va pas améliorer le mouvement. C’est énergétique, un tout : la circulation sanguine, l’oxygène. L’énergie doit circuler librement dans le corps. Je rejoins ici la méthode Feldenkrais, l’éducation sensorielle par le mouvement, qui permet de développer la présence à nous même à travers le mouvement.

-Que pensez-vous de l’évolution de la danse aujourd’hui ?

WB : La danse classique actuelle est encourageante. Les jeunes chorégraphes sont nombreux. Ils apportent un souffle nouveau, une énergie différente, ils sont toniques. Quelques difficultés, par ailleurs, sont à noter comme des excès de souplesse. Cela peut vite tendre au circassien et perdre le côté artistique.

Wayne McGregor, danseur et chorégraphe anglais, ne propose pas du classique pur. « Le lac des signes » est revisité mais la racine classique est à l’intérieur.

Les codes sont les mêmes mais la danse évolue. La danse contemporaine va plus loin aujourd’hui. Les danseurs se mélangent, ce qui donne des créations insolites.

 

« Leçons de danse, leçons de vie »,

Wayne Byars

Préface de Claire Chazal

First  Editions,

Parution le 14 septembre 2017

Conseils : http//www.youtube.com/user/waynebyars

 

Blog Culture et Mode: article: présentation et interview