« Le corps, infiniment », les photographies d’Henri Foucault

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Sculpteur, photographe et vidéaste, Henri Foucault est un artiste reconnu pour ses travaux sur la lumière et le corps. La galerie Thierry Bigaignon présente la série photographique « Le corps, infiniment », du 4 avril au 18 mai 2019.

La  galerie Thierry Bigaignon, centrée sur  la photographie, propose des expositions d’artistes de prestige et présente Collectors Confidentiel, une plateforme dédiée à la photographie, s’adressant aux collectionneurs.

Artiste français, à la fois photographe et sculpteur, chevalier des Arts et des Lettres, Henri Foucault est également professeur à l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs de Paris.

Il participe à de nombreux évènements artistiques dont l’exposition « 5 regards sur le jardin de Claude Monet », au Musée des impressionnismes, à Giverny, à la Biennale de Venise, en 2015, au Palazzo Fortuny,  où il expose des sculptures et des photographies, Cocteau contemporain,à la galerie Coullaud et Koulinsky, à Paris, ou encore Le Musée imaginaire d’Henri Langlois, à la Cinémathèque Française, Masculin-Masculin, au Musée d’Orsay, à Paris, en 2014.

Ses œuvres font partie de différentes collections privées, dont Le musée des Beaux-Arts de Montréal, au Canada, le Fonds national d’art contemporain de Paris, la collection Walter Zalenski à Washington DC, la collection Marin Karmitz, à Paris, la collection Manfred Heiting, à Houston, aux USA, ou encore la collection Boissonat, à Paris.

 

Il  est l’auteur de différents ouvrages photographiques, dont Hors du Corps, Polaroïds, éditions Filigranes, Danse avec moi, Rétrospective Monnaie de Paris, paru aux éditions de la Différence (2008), Henri Foucault-monographie, aux éditions Léo Scheer (2005).

Sculpteur avant tout, formé aux Beaux-Arts, la lumière est la principale caractéristique de son travail. Les formes du corps, les courbes sont révélées par cet effet étudié et recherché. Son œuvre photographique est directement inspirée de ses sculptures, du jeu entre ombre et lumière.

Il réalise des polaroïds avec des filtres bleus, des photogrammes, et utilise aussi le numérique et la vidéo durant les séances de pose. Il développe un réel vocabulaire de la pose, inspiré de sa formation de sculpteur. Le corps est envisagé dans sa masse, dans sa puissance et dans sa tension. La sensualité du corps, si elle est présente, ne représente qu’un côté de la photographie. Ce n’est pas le propos d’Henri Foucault. L’œuvre est centrée avant tout sur le corps en tant qu’œuvre d’art, voir le corps dans sa densité et dans sa force.

« Objet sculptural, le corps n’est donc jamais fixe chez Henri Foucault. Il peut être dédoublé, fragmenté, réduit à son contour, au bord de l’effacement ou à une éclaboussure de lumière. Il est parfois tout entier dans l’espace qui l’enveloppe. » Alix Agret.

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@Henri Foucault, « Le corps, infiniment »

 

Interview d’Henri Foucault

A quel moment la photographie est-elle apparue dans votre vie ?

HF : J’ai le sentiment d’avoir toujours vécu avec les images. Dès ma prime jeunesse, j’ai eu accès à des albums de photographies du XIXe siècle, notamment, des images de Gorgio Sommer qui avait photographié des sculptures de Canova, ainsi qu’à des albums des Galeries Contemporaines où l’on pouvait voir des portraits en phototypie des personnalités de l’époque, dont celui de Baudelaire par Carjat.

Par la suite, comme les gens de ma génération, j’ai participé au photo-club du lycée, puis j’ai fait mes tirages à la maison. J’ai étudié la sculpture aux Beaux Arts de Paris et lorsque j’ai obtenu mon diplôme en 1981, l’enseignement de la photographie n’existait toujours pas, soit environ 150 ans après son invention !

Au tournant des années 90, j’ai commencé à utiliser le médium photographique dans mon travail et dès 1992, la galerie Michèle Chomette présentait mes premières œuvres à la foire de Bâle.

 

– Vous faites référence, dans vos œuvres, à de grands artistes sculpteurs, peintres, photographes, avez-vous des modèles ?

HF : C’est une vraie question. Je ne peux pas concevoir mon travail hors d’une lignée de créateurs qui m’ont précédé. Je me nourris en permanence d’expositions, de films, de livres, de catalogues. Mon atelier est « encombré » de bibliothèques.  Les références ne sont pas « littérales ». Disons plutôt que je me promène parmi mes prédécesseurs : Rodin, Brancusi, Picasso, Matisse, Kelly, Stella, Abbot, Ray, Friedlander, Mapplethorpe, O’keeffe mais aussi, Lang, Ford, Mizoguchi, Tourneur…  La poésie également, Baudelaire, Yeats, Creeley, Carver…. 

Des classiques, mais bien sûr, beaucoup de mes contemporains, lesquels, par un effet de miroir, me permettent de mieux me situer.

 

– Quelle est votre technique photographique ? Photographie signifie littéralement écrire avec la lumière, qu’en pensez-vous ?

HF : Le photogramme, technique la plus rudimentaire de la photographie est au cœur de mon travail. Il s’agit simplement d’exposer à la lumière une feuille de papier photo-sensible sur laquelle on dépose un objet. L’action de la lumière, après développement, noircit le papier exposé, offrant des gradations de noir, de gris jusqu’au blanc en fonction du contact de l’objet avec le papier.  J’ai étendu cette technique en la mixant avec la sculpture – percement de l’image, ajout d’épingles en inox, collage de cristaux. C’est à partir de cette forme «  expérimentale » de la photographie que j’ai commencé à mélanger des techniques numériques à celles de l’argentique en utilisant les scanners, les imprimantes et toutes sortes de matériaux qui donnent une forme plus large à mes propositions.

Écrire avec la lumière est une formule qui me convient parfaitement si l’on considère le médium photographique comme un moyen d’expression plus large que la simple représentation du réel.

 

– Comment avez-vous fait du corps, l’objet, le centre, de votre œuvre ? La subtilité du titre réside dans la ponctuation « , », infiniment… Évoquez-vous des milliers de possibilités de photographier un corps ou de l’infinie source de création ?

HF : Ma pratique de sculpteur a toujours été tournée vers l’abstraction, je la qualifierais plus précisément par l’idée d’une sorte de « formalisme métaphysique ».

Le corps, en tant qu’objet d’étude, ne m’intéressait pas vraiment sinon au temps des Beaux-Arts, pour comprendre l’enchainement des plans, tant il est vrai que l’étude du modèle vivant apprend à voir.

Mes premiers photogrammes étaient directement liés à mon travail formel. La question du corps est apparue plus tard, vers 1998. Le corps offre des possibilités infinies d’interprétation, condensation de toutes les problématiques de création. Au fil des ans, il est devenu un outil qui me permet de développer un langage oscillant entre représentation et abstraction qui se renouvelle sans cesse dans les échanges avec les modèles. 

« Infiniment », c’est avant tout une dimension poétique. L’impossibilité de saisir l’instant qui résumera ce que l’on ressent devant un corps en mouvement. C’est le principe même de la création, on pense toujours en avoir terminé et puis, non, il faut recommencer, infiniment.

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@Henri Foucault, « Le corps, infiniment »

 

« Le corps, infiniment »,

Henri Foucault,

Galerie Thierry Bigaignon

Hôtel de Retz, 9 rue Charlot, 75003 Paris

Du 4 avril au 18 mai 2019

Vernissage jeudi 4 avril 2019, de 18h à 21h

www.henri-foucault.com

www.galeriethierrybigaignon.com

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Catégories :Culture, Photographie

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