« Chroniques Nomades », le festival de la photographie du voyage

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La 18eme édition du festival photographique  Chroniques Nomades , basée pour la troisième fois à Auxerre, porte sur le thème de la photographie du voyage.

Neuf artistes photographes dressent le portrait de villes lointaines, étrangères. Leurs œuvres seront visibles du 27 octobre au 3 décembre 2018, à l’Abbaye Saint-Germain.

Ce festival photographique, créé et dirigé encore aujourd’hui par Claude Geiss, met en avant, cette année, un paysage urbain en mouvement.

Comment faire le portrait d’une ville? Tel est le thème de ce festival qui s’attache à montrer l’évolution des villes, un paysage urbain riche et varié.

Le choix des photographes s’est porté sur la diversité et la capacité à rendre vrai ce changement opéré par les hommes. Le paysage urbain, à la différence du paysage naturel, est une histoire d’hommes.

Des villes si différentes, New York pour le photographe Pierry Peytavi, Dehli  etMombaypour Laurent OuisseRangun ou « Yangon, entre temps » pour Catherine GrissPyong Yang, « DPRK », pour Philippe Chancel. Ces grandes villes ou villes-capitales représentent le pays, les coutumes, le régime politique et social. 

Philippe Lopparelli choisit Zanzibar, avec une série intitulée  « D’Arthur à Zanzibar », Isabeau de Rouffignac, « Des saris pour mémoire », la cité de Bophal, Tom Arndt, Chicago, « Chicago by night » ou « My Chicago », Sovan Philong, Phnom Penh et  Siem Reap, série intitulée « By night », et enfin Baudouin Mouanda, Brazzaville, « Etre jeune à Brazzaville ». 

 

Autant de villes et de décors différents pour ces photographes qui ont en commun la volonté de faire découvrir une réalité urbaine, un cadre exceptionnel ou à l’opposé noir et délabré. Les photographies, malgré l’uniformité culturelle, mettent en avant les ruptures et les différences.

Le festival est une invitation au voyage photographique.

 

Interview de Jean Christian Fleury

 

Journaliste et critique, collaborateur et programmateur du festival Chroniques Nomade, a été membre du comité de rédaction de Photographie Magazine et de Caméra International, auteur de livres sur la photographie.

-Que représente ce festival photographique?

JCF : Claude Geiss, le directeur, a créé en 1997 le festival Chroniques Nomades. Il se tenait à Honfleur, point de départ pendant des siècles de grands voyages par delà l’Atlantique. Il m’a demandé de le rejoindre quatre ans plus tard. Nous élaborons ensemble la programmation et je m’occupe des textes de présentation. L’idée était – et est toujours – d’explorer les liens qui unissent la photographie et le voyage. Ce lien est ininterrompu : dès son invention, la photographie s’est donnée une mission : inventorier la planète, la mettre à portée de vue de chacun. Aujourd’hui notre globe a été documenté jusque dans ses derniers recoins et nous sommes submergés par la prolifération des images. Un besoin demeure pourtant : la découverte de l’ailleurs et la rencontre de l’Autre sont plus que jamais une nécessité en ces temps de grandes migrations touristiques, politiques, économiques ou climatiques qui vont aller en s’amplifiant. En dépit du rétrécissement et de l’uniformisation de notre planète, cela reste l’une des grandes aventures humaines.

Nous ne privilégions aucune forme. Dans chaque édition, nous proposons un éventail d’approches : du témoignage politique à la recherche introspective, de l’inventaire sociologique à la pure contemplation. Toutes cependant participent d’une photographie du voyage: une pratique qui, plutôt que soumise à la tyrannie du tout voir, prend en compte la présence problématique du voyageur, de son regard étranger là et en cet instant. Cette rencontre des cultures et leur frottement réciproque nous permettent, loin de l’imagerie publicitaire et des clichés touristiques, de saisir notre propre identité.

Cet ailleurs, il n’est pas toujours aux antipodes : certains le trouvent au coin de la rue, en bas de chez eux. Il peut s’agir aussi d’un voyage intérieur, un voyage en chambre : un monde fictif réalisé en studio… Le voyage, comme déplacement perpétuel, peut parfois aussi être son propre sujet : la route, le nomadisme comme mode de vie individuel ou collectif sont alors une fin en soi. Il y a autant de manières de vivre le voyage que de voyageurs, de l’autre côté de la rue, à l’autre bout du monde ou de l’autre côté du miroir.

-Comment avez-vous mis en place cet événement? Comment avez-vous choisi les différents artistes photographes présents à cette édition?

JCF : Pour chaque édition, nous regroupons les travaux autour d’un ou plusieurs thèmes. Certes, cela nous oblige à renoncer à certaines œuvres de qualité mais la confrontation des travaux autour d’une problématique ou d’un sujet commun donne à chacun d’eux un intérêt et une acuité supplémentaire. L’an dernier, une partie des œuvres étaient regroupées autour du thème de « l’Orient extrême » entre mythe lointain et souvenir intime ; nous avons aussi traité du sacré avec les pèlerinages, les hauts lieux spirituels ; nous avons programmé des rencontres autour de thème comme « prendre la mer »,« l’espace vital » ou « Corps étrangers » qui explorait combien le corps, loin d’être une donnée naturelle, est une construction culturelle. Cette année, l’ensemble s’articule autour d’une question, bien banale au premier abord et qui résonne comme un écho au titre d’un poème de Jacques Prévert : « Comment faire le portrait d’une ville ? » La diversité des réponses révèle la complexité des problèmes soulevés. Car une ville est à la fois un espace géographique, une histoire accumulée par strates, un organisme vivant en constante évolution, une fiction plus ou moins mythique. Formellement, cela passe par le paysage urbain, la photo d’architecture, le reportage sociologique, le portrait ou la quête imaginaire. C’est cette diversité incroyable des réponses qui nous étonne chaque fois et nous donne envie de continuer. Cette richesse est celle de la photographie. Médium technique, si rigide et contraignant, elle est un outil capable de s’adapter à une infinité d’usages. Au fond, la photographie du voyage, c’est cela : un décalage, un léger décentrement qui provoque une béance où se précipitent les idées, les souvenirs, les affects, les obsessions.

Festival «Chroniques Nomades»

Du 27 octobre au 3 décembre 2018

Vernissage vendredi 27 octobre à 18h, 16h30 rencontres et signatures avec les photographes

Abbaye de Saint-Germain

2 bis Place Saint-Germain, 89000 Auxerre

contact@chroniquesnomades.com

www.chroniquesnomades.com

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Catégories :Culture, Photographie

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