« Talking about a revolution », une exposition collective sur le thème de mai 68 cinquante ans après

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(© Adel Abdessemed, Gianni Motti, Bruno Serralongue, Arnaud Cohen, Andrei Molodkin, Oksana Shachko)

Paul Ardenne a conçu cette exposition dont il est le commissaire. Il réunit différents artistes autour du thème de mai 68. Cinquante ans se sont écoulés. Le 22Visconti, espace d’art situé à Saint-Germain-des-Prés, est le lieu choisi pour cet évènement, du 17 mai  au 17 juin 2018.

 

« Scories de la story 68 » est une information partagée sur les réseaux sociaux sous forme de photos ou de vidéos, de courte durée. Ainsi l’art se joint à ces nouveaux concepts et le sujet aussi historique soit-il est traité de façon moderne.

Comment un artiste aujourd’hui perçoit cette période si marquante, mai 68, et comment fait-il un parallèle avec mai 2018 ?

Le titre de l’exposition est emprunté à une célèbre chanson de Tracy Chapman. Il apporte modernité et vérité dans le sens où il s’agit d’un constat : « Talking about a revolution».

Les artistes, à travers leurs œuvres, expriment l’espérance d’un monde social et politique.

Les artistes présents : Arnaud Cohen, Burak Arikan, Elena Kovylina, Runo Serralongue, Adel Abdessemed, Gianni Motti, Andrei Molodkin, Gérard Fromanger, Jimmie Durham, Michaela Spiegel,Diana Righini, Joseph Beuys, Michel Journiac, Jean Claude Jolet, Oksana Shachko, Frank Perrin,  Véronique Bourgoin, Shadi Alzaqzouq, Petr Pavlenski, O’maurice Mboa.
Cette époque marque la révolte de la jeunesse étudiante parisienne, puis du monde ouvrier et enfin de tout le territoire. Tous les milieux se rebellent sous forme de grèves, de manifestations générales. Il constitue le plus important mouvement social de l’histoire de France du XXème siècle.

Il se caractérise par une révolte spontanée. C’est une remise en cause des institutions traditionnelles.

Filip Markiewicz, artiste luxembourgeois, traite des grandes questions de la vie quotidienne à travers ses œuvres. Il s’interroge sur la valeur de l’art comme reflet de la culture et des traumatismes contemporains. Chaque artiste possède sa vision : Gianni Motti s’appuie sur les réseaux sociaux « I’m not on Facebook », Adel Abdessemed utilise son art comme un langage contre la violence ou encore les œuvres réalistes de Gérard Fromanger.

Paul Ardenne donne le ton à ce projet, conçu de façon moderne et avertie.

La vision du monde actuel pourrait être une rébellion, le mai 68 d’il y a cinquante ans est bien différent. La révolution n’a pas lieu aujourd’hui mais il faut en parler. Il s’agit aujourd’hui d’inégalité, de régression sociale, de chômage de masse, à un monde où l’argent domine. Peut-on retrouver les libertés d’antan face à la hiérarchisation actuelle, aux principes, aux cloisons ? Non, c’est pourquoi nous parlons de Requiem pour la révolution.

L’exposition collective est la réunion de différentes visions de cet événement des plus marquants de notre histoire.

Frank Perrin, Barricade project, rue Visconti 75006 (2018).jpg

 

Interview de Frank Perrin

-Quelle est votre implication dans l’espace 22Visconti ?

FP : Le 22Visconti est un espace indépendant, mon atelier également. Chaque année, je donne carte blanche à un commissaire. Cette année, Paul Ardenne est le commissaire de cette 6ème exposition politique. Une vingtaine d’artistes, dans des questionnements différents, s’interrogent sur l’état du monde social actuel et sur les changements depuis mai 68. Nous ne sommes plus dans le même monde. Aujourd’hui, le pouvoir a changé. L’ennemi n’est plus identifiable. Les gens sont en perte de repères dans ce monde compliqué. Nous avons convenu, avec Paul Ardenne, de faire une exposition sur le thème politique, qui questionne les idéaux d’hier.

-Quelques mots sur les œuvres exposées ?

FP : Le 1er mai d’aujourd’hui montre la confusion dans lesquelles les idéaux se trouvent. La violence est gratuite.

Les artistes de tous les pays sont touchés par « mai 68 »,  par ces changements et ont des questionnements variés, des sensibilités différentes. Ils  l’expriment à leur manière.

Gianni Motti, a réalisé un travail de questionnement sur la société contemporaine. « I’m not in Facebbok ». L’œuvre est géniale. Il parle dans les réseaux sociaux.

Jimmie Durham, à travers sa photo de pavés lancés sur un frigo, fait un clin d’œil au cube, à la manifestation de mai 68.

L’œuvre de Petr Pavlenski est plus contestataire. Son récit est révolutionnaire. Il attaque le pouvoir politique.

 Adel Abdessmed a travaillé sur lui-même. Les flammes l’entourent. Il montre que l’artiste fragile est en péril, en feu et n’hésite pas à engager sa personne.

Paul Ardenne souhaitait montrer ces questionnements d’urgence.

 

-Votre œuvre ?

FP : A travers ma création, j’explore la notion de « Postcapitalisme ». C’est une sorte de grand livre où je questionne ce monde. J’ai choisi d’écrire de courtes sentences ou « statements » que je peints sur des barricades. Ensuite, je la place dans un lieu et je prends la photo.

Je m’intéresse à la réactivité. J’en réalise quatre pour l’occasion (4 photos 60×60). Je barre des endroits dans Paris et ne reste que la photo de ce moment là. Rue Visconti est un des lieux où j’ai installé la barricade « Happy self exploitation », de l’autre côté « Fuck big data ».

Les phrases questionnent la condition contemporaine. La « self exploitation » est vécue de façon euphorique. Les réseaux sociaux sont si présents aujourd’hui, « h24 ». La nouvelle génération travaille avec.

A la Concorde, j’ai installé la barricade « The ennemi is invisible now », qui témoigne du fait que l’on ne peut plus identifier l’ennemi. L’opposition a disparu.

« Paradise yourself », placée dans un endroit plus populaire pour dire que le paradis est partout et tout un chacun. Ces choses constituent la nouvelle idéologie de ce monde. La barricade est un objet « old school » qui m’intéresse. Je montre que si l’on se refuse à ce conditionnement des réseaux sociaux, nous n’existons pas.

D’autre part, je me suis inspiré de l’œuvre de Cristo, datant de 1962, réalisée rue Visconti. Il s’agissait de bidons d’essence superposés pour barrer la rue. Influencé, j’ai placé la barricade au même endroit. On s’interroge alors : Comment la barricade arrête la circulation pour mieux faire sens ?

Je présenterai ce projet dans différentes villes en France et à l’étranger. J’en réalisai au Japon et aux Etats-Unis. Je souhaite raconter une histoire qui ne soit que visuelle, que sentence, comme un journal intime sur l’état du monde.

 

 

 « Talking about a revolution »,

Une exposition conçue par Paul Ardenne

Du 17 mai au 17 juin 2018

Artistes :

Adel abdessemed, Andrei Molodkin, Arnaud Cohen, Runo Serralongue, Burak Arikan, Diana Righini, Elena Kovylina, Filip Markiewicz, Frank Perrin, Gerard Fromanger, Gianni Motti, Jean-Claude Jolet, Jimmie Durham, Joseph Beuys, Michaela Spiegel, Michel Journiac, O’maurice Mboa, Oksana Shachko, Petr Pavlenski, Shadi Alzaqzouq, Véronique Bourgoin.

 

22Visconti, à Saint Germain des près,

Espace d’art indépendant, créé par Frank Perrin et Armelle Leturcq

22 rue Visconti, 75006 Paris

www.22visconti.com

Programme:

Mardi 22 mai, 19h

Vidéo Forever, « Résistances », avec Barbara Polla et Paul Ardenne, programme de vidéos d’artistes

Jeudi 31 mai, 19h

Performance de Sourour Darabi

A l’occasion du « Parcours Saint Germain »

 

Samedi 2 juin, à partir de 17h,

L’émergence post 68

(Talk#3) Cycle de conférences, Camille Frasca et Antoine Py

 

Samedi 9 juin, à partir de 17h

Rencontre Gérard Fromanger et Paul Ardenne autour du politique et des utopies d’hier et maintenant

Discussion autour de

 

Gérard Fromanger, Le Rouge, ensemble de 10 serigraphies1968.jpg

© Gérard Fromanger, Le rouge

JIMMIE DURHAM - St. Frigo_Performance01 - copie.jpg

© Jimmie Durham, St Frigo

 

 

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Catégories :Culture

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